Le matériel, c’est compliqué ! Il est bien souvent difficile de s’y retrouver dans les données techniques des clubs. Heureusement Wally, « club maker » depuis près de 30 ans nous aide à décrypter toutes ces notions. Ce mois-ci, la réflexion de notre expert porte sur les putters...
Méfiez-vous des grips « jumbo » !
« Il est très important de faire attention au poids du grip de putter. Un gros grip peut aussi être léger. Le gros grip (jumbo) sert à verrouiller les poignets et ne pas donner de « coups de main » lors du geste. KJ Choi en a utilisé un durant de nombreuses années : problème, il était tellement lourd qu’il modifiait l’équilibre de son club. Choi privilégiait donc un grip qui lui évitait les coups de main au détriment de l’équilibre de son putter. Maintenant, les nouveaux grips permettent à la fois de verrouiller les mains et, comme ils sont légers grâce aux nouveaux matériaux, ils n’influent plus sur l’équilibre du putter. Ce n’est pas un détail puisqu’on peut trouver jusqu’à 20 grammes d’écart sur différents grips. La longueur du shaft modifie également l’équilibre. Plus le club est long et plus il y aura de poids en tête. Ainsi sur les belly putters le grip n’a aucune importance. On ne peut pas mettre de gros grip sur un belly car il est déjà fait pour utiliser ni les mains ni les poignets. Déjà que le manque de sensation sur les belly se fait sentir, si en plus on ajoute un gros grip... De nombreux joueurs reviennent à de petits putters car avec le belly ils puttent bien ligne mais n’arrivent plus à sentir la balle et n’ont plus de sensations.
Attention à la mode des belly
et longs putters !
C’est ainsi qu’aujourd’hui, on trouve beaucoup de belly putters dans les dépôts vente : les gens qui achètent ce club en pensant que c’est l’arme fatale se rendent compte très vite qu’il est très dur à jouer. La période d’adaptation est longue et il est très difficile de trouver des sensations. En fait, de nombreux pros s’en servent mais avant tout pour lutter contre des problèmes de dos. Le fait de se tenir bien droit leur permet tout simplement d’augmenter leur capacité d’entraînement et de putter pendant 2h sur le putting green ce qu’ils ne pourraient pas faire avec un petit putter. Par exemple Mark Calcavecchia expliquait qu’il avait clairement augmenté ses statistiques de réussite au putting davantage grâce à sa capacité d’entraînement accrue que grâce au belly en lui même.
Ce club est de toute façon en voie d’extinction, au plus grand dam de certains. Bernhard Langer, utilisateur du belly, explique qu’il ne comprend pas la polémique sur le belly et avance que « si c’était si facile à jouer tout le monde l’utiliserait ». Il pense, et ce n’est pas totalement faux, que la polémique est née car deux joueurs ont gagné des Majeurs avec ce club récemment (Keegan Bradley US PGA 2011 et Webb Simpson U.S Open 2012). Beaucoup considèrent que c’est une forme de triche car les belly et long putters offrent un troisième point d’appui. Bloquer le grip dans le ventre ou la poitrine permet ainsi d’avoir un plan qui ne bouge pas et de ne garder que le mouvement de balancier du putter, c’est à dire la base du putting. Les statistiques montrent d’ailleurs qu’avec le belly à 3m, plus de 50% des balles tombent dans le trou mais qu’au-delà de 10m, ce chiffre tombe à 15%. Et tout le différentiel de putts chez les pros se fait entre 0 et 5m. Apeurés à l’idée d’abandonner leur béquille certains espèrent contourner la future loi en plaçant le club le long du bras pour s’en servir comme un tuteur en quelque sorte ce qui efface le troisième point d’appui ! Le sujet fait en tout cas polémique. Tiger Woods n’a pas manqué de s’insurger contre ce club bizarre en affirmant qu’il « considérait que le putter devrait être le club le plus petit du sac ». Mais dans le même temps l’ex-numéro 1 mondial explique que, « tout le monde devrait jouer des lames »...alors qu’aujourd’hui, les lames ne représentent plus que 3% des joueurs sur le PGA Tour (putters et fers compris). En 1980, 90% des joueurs jouaient des lames, en 1990 70% et en 2000 ce chiffre est tombé à 30%.
Pas de miracles sans technique
Petit, belly ou long, en fait peu importe. A un niveau moyen, la première des recettes pour faire tomber les putts reste la technique ! Et là, petit conseil, mesdames et messieurs les amateurs : attention à votre posture ! C’est la première étape et souvent la première...erreur. La plupart des amateurs se placent mal. Il se mettent loin, pas les yeux au dessus de la balle, ce qui a ensuite une incidence néfaste sur leur lie. Un mauvais lie lors du stance ne pourra qu’être mauvais à l’impact et il y aura donc un vrai risque de frottement du club sur le green et un mauvais contact assuré. Le réglage du lie sur un putter est fondamental ! Les amateurs pensent également souvent que le chemin du club au putting doit absolument être droit mais c’est faux. Tiger Woods par exemple putte avec un geste en arc et il a été le meilleur putter du monde pendant des années. Alors gare aux idées reçues...